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Jeudi 31 août 2006

« Le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme, c’est la haine des autres. » 

                                                                                     Richard von WEIZSÄCKER, ancien Président fédéral allemand

                                                                                    selon la citation de Romain GARY 

par Gregory DUFOUR

Président du Forum franco-allemand des Socialistes pour l’Europe

Membre du comité de parrainage du programme « Démocratie et Courage », programme de lutte contre les discriminations de la Fédération nationale Léo Lagrange

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Dans une Europe incertaine à la suite de la chute du Mur de Berlin et de l’effondrement du régime soviétique, deux Ministres, l’un français, l’autre allemand, allaient permettre à une Pologne libérée du joug communiste de s’ancrer à l’Europe grâce à la création d’un forum trilatéral.

Le Triangle de Weimar prenait ainsi forme le 30 août 1991 grâce à l’initiative commune franco-allemande, orchestrée par Roland DUMAS et Hans-Dietrich GENSCHER. 

15 ans après, force est de constater que si les objectifs d’adhésion de la Pologne à l’OTAN et à l’Union européenne ont bel et bien été acquis, il n’en demeure pas moins que l’avenir du Triangle de Weimar reste particulièrement menacé à la suite de l’arrivée à la Présidence de la République polonaise et à la tête du gouvernement des frères jumeaux eurosceptiques et nationalistes KACZYNSKI, respectivement en 2005 et en juillet dernier, et de la composition d’un gouvernement formé par la Ligue des Familles polonaises, formation ultracatholique d’extrême-droite et du parti populiste Samoobrona.

Cet événement peut être très préjudiciable non seulement pour la stabilité européenne mais aussi pour l’avenir du Triangle de Weimar notamment à travers la politique germanophobe menée par le gouvernement de Varsovie. 

La réconciliation germano-polonaise, inspirée du modèle franco-allemand, qui a été une des priorités de l’ancien Chancelier fédéral allemand Gerhard SCHRÖDER se heurte à la méfiance de la droite nationaliste polonaise des frères KACZYNSKI malgré tout l’engagement de deux personnalités francophiles, Angelica SCHWALL-DÜREN et Gesine SCHWAN, respectivement députée SPD au Bundestag en charge des affaires européennes et coordinatrice fédérale pour la coopération germano-polonaise, et de leur action notamment en faveur d’une réconciliation à travers la Jeunesse.

Ce gouvernement polonais ne cesse en effet depuis son arrivée au pouvoir de défier l’Allemagne mais aussi l’Europe en annulant notamment le Sommet du Triangle de Weimar du 3 juillet (qui aurait dû fêter les 15 ans de ce forum) en représailles à un article du quotidien allemand die Tageszeitung qualifiant les jumeaux KACZYNSKI de « patates », le Président demandant à la Chancelière allemande d’interdire le journal. Que dire des propos révisionnistes sur le douloureux passé germano-polonais, ou des propos homophobes ou racistes émis régulièrement par des membres du gouvernement.

Mais aussi curieux et inquiétant que cela puisse être, aucune critique n’est formulée contre ces dérives, contre cet affront fait à l’Europe humaniste et solidaire. Un silence qui en dit long ! Trop peut-être.

Rappelons-nous. En 2000 avec l’arrivée du FPÖ de Jörg HAIDER au gouvernement fédéral d’Autriche, n’est-ce pas l’Europe entière, Socialistes en tête, qui avait unanimement condamné ce parti en manifestant et en obtenant le gel des relations diplomatiques de l’UE des 15 avec l’Autriche ?

La présence nauséabonde de la droite nationaliste et de l’extrême-droite en Europe serait-elle devenue si banale pour que l’Union européenne, si encline généralement à condamner l’inacceptable hors de ses frontières, n’ait pris aucune sanction contre les gouvernements nationalistes qu’ils soient polonais, slovaques[1] ou  tchèques[2] ? Les élections municipales en Grande-Bretagne du premier semestre tout comme la présence du FN en France en 2002 ne sont-ils pas des exemples inquiétants ?

Le couple franco-allemand, qui a à travers ses Sommets ou Conseils franco-allemands des ministres avait indiqué dès juin 2001 et en mars 2006 toute une série de mesures pour lutter contre la discrimination ou toute forme d’intolérance, serait-il devenu subitement muet ?

La démission, mercredi 23 août 2006, de l’ancien Président de la République polonaise et Prix Nobel de la Paix, LECH WALESA, de « son » syndicat polonais SOLIDARNOSC qu’il avait fondé 26 ans auparavant, reprochant à celui-ci de trop soutenir la politique des frères KACZYNSKI, n’est-elle pas un signe ?

Les difficultés que connaît l’Union européenne depuis l’échec des référendums français et néerlandais, les replis identitaires dissimulés sous des termes de « patriotisme économique » ou de peur du fameux plombier polonais montre bel et bien que l’idée européenne recule 15 ans après la chute du mur de Berlin.

Si l’Europe souhaite lutter contre la droite nationaliste et l’extrême-droite en Pologne notamment, il conviendra bien d’associer l’ensemble de la société civile européenne pour combattre ce fléau qui nous replonge vers les plus noires heures de notre histoire commune.

Car le terreau des populistes et nationalistes en tout genre est bien connu : exploiter la misère et la peur véhiculée par les incertitudes économiques, par la mondialisation, ou par le terrorisme tout en attisant la haine de l’autre.

En s’associant avec l’ensemble de la société civile européenne, les partis républicains démocrates, partis sociaux-démocrates en tête, ont un rôle essentiel à jouer à travers l’impulsion d’un projet novateur pour l’Union européenne, un projet d’une Europe de progrès bénéfique à tous, une Europe politique et sociale capable d’offrir de meilleures perspectives d’avenir à nos citoyens afin de lutter ensemble contre ce fléau.

Des initiatives européennes comme le programme Démocratie et Courage de lutte contre les discriminations, créé dans les années 90 dans les nouveaux Länder allemands en réaction à l’élection d’élus d’extrême-droite lors d’échéances régionales et porté en France suite à l’initiative de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse par la Fédération nationale Léo Lagrange, méritent également d’être transposées en Pologne à travers l’Office germano-polonais pour la Jeunesse et diffusées dans la société civile.

Cette ambition de lutter contre toute forme d’intolérance en Europe doit être ainsi un réel « désir d’avenir » pour l’Europe mais aussi pour le couple franco-allemand et reste aujourd’hui encore plus qu’hier essentiel. Commencer à l’appliquer au Triangle de Weimar constituerait un bien beau cadeau pour son 15ème anniversaire !

 



[1] Lors des élections du 17 juin dernier, le parti social-démocrate slovaque, le SMER, s’est allié à l’extrême-droite et aux populistes pour former un gouvernement. Une réunion est prévue à la rentrée au Parti socialiste européen (PSE) afin de statuer sur la suspension du SMER au sein du PSE.

 

 

[2] Le leader de la droite eurosceptique a été réélu au début juin

 

 

Par Forum franco-allemand des Socialistes pour l'Europe - Publié dans : Articles du Forum
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Jeudi 4 mai 2006

Deutsch-französisches GeschichtsbuchDès la prochaine rentrée scolaire, les lycéens français et allemands de terminale pourront étudier l'histoire dans le même manuel, en version française ou allemande.

Ce manuel sera présenté aujourd’hui, le jeudi 4 mai, par le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme.

C'est le fruit d'un projet hautement symbolique lancé en 2003 pour créer les bases d'une conscience historique commune chez les jeunes Allemands et les jeunes Français. Il constitue le premier des trois tomes que comptera le manuel et aborde "L'Europe et le monde depuis 1945". Les deux autres volumes seront destinés aux classes de première et de terminale.

Plus d'infos : http://www.klett-franzoesisch.de/manuel-franco-allemand.html



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Vendredi 28 avril 2006

La ministre allemande de l'Education et de la recherche Annette Schavan a annoncé il y a deux semaines que l'Etat allait renforcer son aide aux étudiants les plus doués. D'ici à 2009, "nous voulons soutenir 1 % des étudiants par l'intermédiaire de bourses ciblées", a-t-elle annoncé. "L'avenir de notre pays dépend largement de notre capacité à créer une élite performante".

Le renforcement du soutient aux étudiants à haut potentiel "correspond à une augmentation de moitié", a précisé la ministre, ces aides ne concernant actuellement qu'un peu moins de 0,7 % des étudiants. Dès cette année, les moyens de soutien financier passeront de 7,2 millions à 87,7 millions d'euros.

L'aide aux élites de demain ne se contentera toutefois pas "de récompenser des bonnes notes". Elle aidera aussi les meilleurs talents à développer toute leur personnalité. "Nous voulons surtout faire en sorte que les jeunes fasse la carrière qui correspond à leurs capacités", a expliqué Mme Schavan. Au-delà des aides financières, les fondations d'aide aux jeunes très doués proposeront le soutien de professeurs-tuteurs, ou encore elles les aideront à développer des capacités recherchées sur le marché du travail, telles que l'aisance relationnelle. L'Etat fédéral subventionne onze œuvres d'aide aux élèves doués.

Plus d'infos : www.bmbf.de/press/1769.php

 

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