Un groupe d'experts du ministère allemand de l'Economie a rendu public la semaien dernière un rapport qui bouscule certaines peurs ou idées reçues concernant les répercussions de la mondialisation sur le marché du travail. Loin de l'émotion habituellement suscitée par le débat, le Conseil scientifique du ministère fait le constat suivant: "la mondialisation a l'effet d'une loupe sur les problèmes du marché du travail allemand, mais elle n'est pas la cause" du chômage de masse. "On surestime les dangers liés à la mondialisation et on sous-estime les opportunités qu'elle offre", analysent les experts. Il conviendrait, en réalité, de travailler à mieux saisir ces dernières.
"Les conséquences négatives [de la mondialisation], qui apparaissent sous la forme de pression sur les salaires, de licenciements et d'investissements directs se concentrent typiquement à l'échelon local", explique le président du Conseil scientifique, Axel Börsch-Supan. C'est la raison pour laquelle elles attirent fortement l'attention, en particulier de la part des médias. Les perdants de la mondialisation sont identifiés et visibles. Ses bénéficiaires, à l'inverse, restent anonymes parce que les avantages de la mondialisation se répartissent sur de nombreuses personnes. Elle profite ainsi aux exportateurs, qui voient s'ouvrir de nouveaux marchés et des perspectives d'embauche, et aux consommateurs placés face à une gamme de produits de plus en plus vaste à des prix abordables.
Selon le rapport, la mondialisation n'en provoque pas moins une contrainte d'adaptation renforcée, en particulier pour les actifs peu qualifiés. Pour y répondre, il convient à leurs yeux de poursuivre la flexibilisation du marché du travail de manière à faciliter les reconversions professionnelles. "Sans un transfert d'emplois des secteurs en perte de vitesse vers les secteurs qui enregistrent une croissance grâce à des produits innovants, les choses ne vont pas". Les experts jugent les coûts de telles reconversions trop élevés à l'heure actuelle, et ils appellent de leurs vœux une offensive pour la qualification.
Là où une telle offensive se révèle insuffisante, ajoutent cependant les experts, il faut une autre mesure. Le rapport plaide pour la mise en place d'une aide sociale plus active, apte à réduire le hiatus entre une productivité moindre et une exigence salariale élevée. Cette idée "devra être discutée au sein du groupe de travail sur le salaire mixte (c'est-à-dire subventionnné par l'Etat), qui doit rendre des propositions à l'automne 2006 pour améliorer les chances d'emploi des personnes peu qualifiées", a déclaré le ministre de l'Economie, Michael Glos.
Les auteurs du rapport "Le marché du travail dans l'ère des marchés mondialisés" ne craignent pas que la mondialisation entraîne une spirale infinie de baisse des salaires en Allemagne. Les salaires devraient progresser très rapidement dans les pays émergents, estiment-ils. Et "l'innovation a été et reste le moteur de notre puissance économique et de la croissance", souligne M. Börsch-Supan. Il faut la soutenir car c'est elle qui crée des emplois.
Pour en savoir plus :
www.bmwi.de/BMWi/Navigation/Presse/pressemitteilungen,did=129768.html
Le président du Bundestag, Norbert Lammert (CDU), a plaidé la semaine dernière pour que l'allemand soit utilisé "à égalité" avec les autres langues de travail à la Commission européenne, après que cette dernière a annoncé que le rapport de progrès sur les négociations d'adhésion avec la Roumanie et la Bulgarie, prévu pour la mi-mai, ne serait présenté qu'en anglais.
Dans une lettre au président de la Commission, José Manuel Barroso, M. Lammert réclame que tous les documents européens importants soient traduits en allemand.
Les parlements français et allemands font cause commune pour défendre l'équité entre les langues utilisées à Bruxelles. Lors d'une séance commune à Berlin il y a seulement quelques jours, les présidents des deux assemblées ont réclamé "l'égalité de toutes les langues officielles de l'Union européenne". Ils exigent aussi "l'accès simultané" aux documents formels de la Commission "dans toutes les versions linguistiques".
"Le Bundestag a la ferme intention de n'examiner les traités, actes législatifs et autres documents européens importants que s'ils existent en langue allemande, de même que tous les documents nécessaires à leur évaluation", annonce M. Lammert dans sa lettre, écrite au nom du Conseil des anciens et de l'ensemble des groupes parlementaires du Bundestag. Il explique : "Ces documents ne constituent pas seulement une base importante pour les délibérations du Bundestag, mais aussi la condition déterminante pour sa participation efficace et réglementaire aux affaires de l'Union européenne".
Pour en savoir plus : www.bundestag.de/bic/presse/2006/pz_0604121.html
"Football et nation", "Football et région", "Football et milieu", "Football et ethnicité", "Football et relations entre les sexes", "Le football et la dissolution des identités au temps de la globalisation" : les 27 et 28 avril prochains, l'Institut historique allemand à Paris déclinera le thème "Football et identité en France et en Allemagne" sous tous ses aspects lors d'un colloque organisé en coopération avec l'université Jean Monnet de Saint-Etienne, l'Office allemand d'échanges universitaires, l'Université franco-allemande, l'OFAJ et l'Académie allemande pour la culture du football.
Sur inscription uniquement :
Institut historique allemand
Pr. Dr. Ulrich Pfeil
Tel : 01 44 54 23 91
E-mail : ulrich.pfeil@wanadoo.fr