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Jeudi 13 avril 2006

Le gouvernement et les chefs de grandes entreprises énergétiques et industrielles se sont accordés la semaine dernière sur des investissements concrets de plusieurs milliards d'euros pour préparer l'avenir de l'approvisionnement énergétique en Allemagne. Les fournisseurs d'énergie ont accepté d'investir plus de 30 milliards d'euros d'ici à 2012 pour construire de nouvelles centrales et renforcer le réseau énergétique. Des investissements de 33 à 40 milliards d'euros devraient suivre pour développer les énergies renouvelables.

 

Le gouvernement a, en outre, décidé d'accroître de plus de 30 % d'ici à 2009 (soit 2 milliards d'euros sur la période 2006-2009) les moyens financiers destinés à la recherche sur l'efficacité énergétique et sur l'innovation technologique. Il consacrera aussi 1,4 milliard d'euros par an à la rénovation énergétique des bâtiments.

Le sommet national sur l'énergie avait pour vocation de donner le coup d'envoi à la préparation d'un concept énergétique global pour l'Allemagne à l'horizon 2020. "L'avenir de notre pays dépend d'un approvisionnement énergétique rentable, sûr et respectueux de l'environnement", a réaffirmé la chancelière Angela Merkel. Ministres et chefs d'entreprises ont travaillé dans une ambiance constructive et décidé de se revoir à l'automne. En attendant, trois groupes de travail défricheront le terrain sur les aspects internationaux et nationaux de la politique énergétique et sur le thème de l'efficacité énergétique. La sécurité des approvisionnements énergétiques en période de hausse des prix pétroliers et gaziers, ainsi que les changements climatiques rendent nécessaire une coopération forte aux niveaux européen et international, estime le gouvernement allemand. Il entend en faire l'un des thèmes de sa présidence du conseil européen et de sa prédidence du G-8 en 2007.

L'élaboration d'un projet énergétique global imposera aussi de trouver des solutions de substitution à l'énergie nucléaire, que l'Allemagne a décidé d'abandonner sous le gouvernement de Gerhard Schröder. Des débats, probablement contradictoires, sur les modalités de la sortie du nucléaire devraient être à l'ordre du jour dans ce cadre. 

Par Forum franco-allemand des Socialistes pour l'Europe - Publié dans : Allemagne
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Jeudi 13 avril 2006

Inventée par la génération de 1968, la vie en colocation est plus que jamais dans l'air du temps. Comme le rapporte aujourd'hui le quotidien "Süddeutsche Zeitung", les traditionelles "WG" (pour "Wohngemeinschaft", littéralement communautés d'habitation) connaissent depuis quelques années une nouvelle jeunesse en Allemagne, avec l'apparition de nouvelles formes de cohabitation. A la faveur des changements démographiques, les jeunes et les étudiants ne sont plus les seuls à plebisciter ce style de vie en communauté.

C'est la création de la "Kommune 1", le 1er janvier 1967, à Berlin, qui avait marqué l'invention de la vie en colocation en Allemagne. A l'époque et dans les années qui suivirent, elle a incarné un nouveau style de vie pour les jeunes et les célibataires allemands. Aujourd'hui, à l'inverse, c'est aux personnes âgées qu'elle doit sa nouvelle jeunesse. Si les jeunes gens et les étudiants sont toujours nombreux à partager leurs logements, les séniors sont désormais de plus en plus nombreux à les imiter. L'explication est simple : les personnes âgées sans enfant sont de plus en nombreuses outre-Rhin et, pour beaucoup, la perspective de rejoindre une maison de retraite ou de finir ses jours seul n'a rien de vraiment réjouissant. La "Seniors WG" leur offre une solution.

Mais la nouveauté ne s'arrête pas là. La WG est expérimentée à dessein par le régime pénitentiaire, dans le but de favoriser l'apprentissage de la responsabilité individuelle et du consensus. Par ailleurs, les villes sont de plus en plus nombreuses à développer des projets d'habitation en colocation. Là où le prix des appartements ou des maisons est devenu trop élevé pour une famille, il n'est pas rare de voir se constituer avec succès des formes de colocations regroupant plusieurs générations au sein d'un même logement.

Selon un sondage de l'Institut Forsa, une femme sur deux et un homme sur trois considère que la colocation est la forme d'habitation de l'avenir.

Par Forum franco-allemand des Socialistes pour l'Europe - Publié dans : Allemagne
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Mercredi 12 avril 2006

Une lettre en forme de "cri d'alarme" rédigée par les enseignants d'un collège de Berlin a provoqué l'éclosion d'un vaste débat en Allemagne sur la violence scolaire et sur l'intégration des jeunes issus de l'immigration.

Désemparés, des enseignants du collège Rütli à Neukölln, un quartier défavorisé de Berlin, avaient voulu dénoncer la semaine dernière une situation où il est devenu impossible de faire cours normalement. "Nous devons constater que l'ambiance dans certaines classes est actuellement dominée par l'agressivité, l'absence de respect et l'ignorance des adultes que nous sommes", écrivent-ils. "Certains collègues ne rentrent plus dans certaines classes qu'avec leur télephone portable pour pouvoir appeler à l'aide" si nécessaire. Dans cet établissement qui compte "83 % d'enfants issus de l'immigration", violence et menaces ne sont pas seulement dirigées contre les autres élèves, mais aussi contre le personnel enseignant, devenu la cible de projectiles.

Cette lettre inhabituelle a eu un impact médiatique immédiat, et l'établissement a été placé sous surveillance policière. Si la violence à l'école n'est pas une nouveauté en soi, sa banalisation, elle, est nouvelle. "Les événements au collège Rütli sont inquiétants, et ils ne représentent sûrement pas un cas isolé", a constaté la ministre fédérale déléguée à l'intégration, Maria Böhmer, qui s'est rendue sur place. Cette situation constitue un indice alarmant sur l'existence d'une société parallèle où les valeurs et les règles du vivre-ensemble ne sont plus respectées.

L
argement partagé, ce diagnostic a conduit l'Allemagne à s'interroger une nouvelle fois sur l'intégration de ses étrangers. La chancelière Angela Merkel a souligné l'importance des cours de langue et d'intégration. "Il doit être clair que l'on parle allemand dès le CP dans une école allemande", a-t-elle affirmé. Les élèves doivent être en mesure de comprendre leurs professeurs. Pour Mme Böhmer, "le soutien à l'intégration doit commencer plus tôt et être plus durable". Le gouvernement allemand mise sur le renforcement des cours d'intégration, l'amélioration de la formation professionnelle, de l'accès à la formation et de l'insertion sur le marché du travail, sur le dialogue entre les cultures et sur l'affirmation claire que les violations de droits de l'Homme ne sont pas acceptables.

L'Allemagne n'en est pas moins partagée sur la sévérité de la réponse à apporter au problème. Ainsi, certains préconisent une plus grande rigueur à l'égard des jeunes violents. La ministre fédérale de l'Education, Annette Schavan, a proposé ce matin dans le "Financial Times Deutschland" d'ouvrir des internats pour placer les élèves particulièrement agressifs. De son côté, le gouvernement bavarois veut imposer des cours d'allemand dès le jardin d'enfant, et interdire aux élèves qui ne le parlent pas suffisamment bien l'accès au cursus scolaire habituel. La CDU, pour sa part, a créé ce matin une commission sur les "chances à l'école et l'éducation". Elle plaide pour l'organisation d'un sommet sur l'intégration.

Comme en France, le sentiment d'impuissance des enseignants de Berlin pose toutefois aussi la question des perspectives économiques qui s'offrent aux jeunes des quartiers défavorisés. A Neukölln, un quartier de 18 000 habitants, un tiers de la population est issu de l'immigration et le taux de chômage atteint 35 %, rapporte le magazine "Der Spiegel". "Dans la plupart des familles nos élèves sont les seuls à se lever le matin. Pour eux, l'école est aussi une scène où ils se battent pour être reconnus", écrivent les enseignants. Le sentiment de frustration et d'exclusion finit par engendrer la violence.

Par Forum franco-allemand des Socialistes pour l'Europe - Publié dans : Allemagne
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