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Jeudi 12 avril 2007

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On sait aussi aujourd’hui qu’il y a encore des menaces dans l’automobile, dans la sous-traitance automobile, mais on sait aussi qu’il y a des espoirs, qu’il y a des combats, qu’il y a un travail que font les collectivités territoriales, qu’il y a la position de la Lorraine, région frontalière qui travaille avec le Luxembourg, la Sarre, la Rhénanie, le Palétinat, la Wallonnie au sein de la Grande Région. Il y a le travail que la gauche fait au sein du Conseil régional, il y a ces batailles au quotidien pour lutter contre les délocalisations, contre les menaces qui subsistent.

 

 

Alors, à travers cet exemple, qui est à l’image de ce qu’est la France, une France à la fois qui souffre, mais aussi qui espère, une France qui en a assez de la désindustrialisation, et je vous le dis, demain l’État assumera ses responsabilités, demain l’Europe saura lutter, se protéger contre les délocalisations. Demain, la puissance publique sera au corps au corps avec les régions et avec les départements qui se battent tous les jours pour sauver l’emploi et pour inventer les emplois du futur. C’est l’engagement que je prends aujourd’hui devant vous car le combat contre le chômage, contre la vie chère, contre la précarité, contre les inégalités de toutes sortes constituent le cœur du pacte présidentiel que j’ai construit avec vous. Et ce projet présidentiel, il doit gagner le 22 avril prochain, et pour cela, je compte sur vous, sur votre énergie, sur votre volonté d’avancer.

 

 

Et puis la France présidente, c’est celle qui va s’engager et qui va engager l’Europe avec elle dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour la protection de la planète.

 

 

Ensuite, la France n’est pas seule. Depuis 50 ans, elle a choisi l’Europe. Et je le dis ici, l’Europe doit rester la grande ambition et la grande réalisation du XXIe siècle, mais pas n’importe quelle Europe, les Français l’ont dit. Moi non plus, je ne veux pas d’une Europe qui ne serait qu’une zone de libre échange adossée à l’OTAN. Je veux encore moins d’une Europe de tous contre tous, où la compétition fiscale et sociale remplace la solidarité et dans laquelle la concurrence sert de projet de société.

 

L’Europe que je veux avec vous doit élever le niveau de tous les pays et de chaque individu, et non pas les abaisser. C’est pourquoi l’Europe doit se fixer comme objectif une croissance dynamique et créatrice d’emploi. Je relancerai les politiques communes sur les enjeux majeurs que nous avons à affronter. En Europe comme en France, la croissance reviendra dans l’investissement, dans la recherche, dans l’innovation, dans les énergies renouvelables, dans les transports collectifs, dans une agriculture de qualité. Une Europe doit se battre aussi pour faire émerger une politique industrielle, comme le font les grands continents émergents. Et ici, dans cette région si proche des autres frontières européennes, je sais que vous sentez très fortement cette nécessité, que vous montrez l’exemple, et je compte sur vous, je compte sur cette région pour tracer le chemin et pour montrer comment, demain, l’Europe que nous allons construire va créer des emplois et distribuer du pouvoir d’achat.

 

Et c’est parce que l’Europe ne doit plus s’abandonner au seul dogme de la concurrence que je proposerai à nos partenaires la négociation d’un protocole social. Les Partis socialistes européens ont avancé sur ce point avec Jacques Delors pour renforcer les droits des travailleurs, et je sais que cette idée commence à faire son chemin. Il m’appartiendra, puisque la France présidera, le 1er juillet 2008, l’Union européenne, d’accélérer la construction de cette Europe sociale qui va réconcilier les solidarités sociales et l’efficacité économique.

 

Puis, comment ne pas aborder, dans le cadre de ces quelques éléments de politique étrangère dont je veux vous parler ici, parce que c’est de la France qu’il s’agit aussi, et je ne vois pas pourquoi je n’en parlerais pas ici car tout se tient, je crois que c’est parce que la France retrouvera sa place et son influence sur la scène mondiale qu’elle pourra aussi d’autant mieux régler les problèmes qui sont les siens.

 

C’est encore avec l’Europe et les Nations unies que la France doit poursuivre l’objectif du respect scrupuleux des traités en matière de non-prolifération nucléaire. Avec équité, mais sans faiblesse, nous devons trouver les solutions nécessaires pour faire entendre raison à ceux qui mettent en danger la sécurité du monde, en violation de leurs propres engagements.

 

Par Forum franco-allemand des Socialistes pour l'Europe - Publié dans : Articles du Forum
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